Ce n'est pas par nos efforts que nous avançons

Dans la méditation Shaktipat ce ne sont pas nos efforts qui nous permettent d’avancer. Afin d’illustrer ces propos j’aimerais témoigner d’une expérience que j’ai fait.
Afin de pouvoir comprendre ce qui s’est passé, il m’est apparu nécessaire de vous expliquer au préalable comment je fonctionnais, en interne, avant Shaktipat et comment cela fonctionne maintenant.
 
Depuis près de 20 ans j’avais pris l’habitude de regarder ce qui se passait en moi et comment je réagissais aux personnes et aux situations, on peut appeler cela de l’introspection. Dès que j’étais en relation avec quelqu’un, j’observai mes réactions, que ce soit au niveau professionnel, avec des amis, la famille, des personnes que je rencontrais, ou quand j’étais dans des lieux, des situations. Il se passait toujours quelque chose. C’était du genre : "J’aime ou je n’aime pas, je suis d’accord ou pas, je suis content ou pas, je veux je ne veux pas", bref c’était rarement neutre.
Après avoir examiné mes réactions j’en tirais des conclusions et des enseignements pour essayer de réagir différemment la prochaine fois.
Je savais également que rien ne vient de l’extérieur. Si je réagissais à des personnes ou des situations c’était que cela réveillait ou révélait en moi des difficultés, des blocages et les réactions qui vont avec.
Quand j’ai reçu Shaktipat j’ai appris que la Shakti travaillait en nous et que contrairement à ce qui se passait avant, ce n’était pas moi qui allais faire le travail mais la Shakti. Il m’a fallu désapprendre, expérimenter le lâcher prise.
Petit à petit j’ai appris à faire confiance en la Vie plutôt que maîtriser.
Mon habitude d’observer mes réactions au quotidien est restée mais le fait de vouloir changer les choses a disparu.
Voila pour le contexte général.
 
De par mon expérience j’ai pu observer plusieurs niveaux dans mes réactions.
- Le premier est l’analyse de la situation telle que j’ai pu l’exprimer plus haut. Je regarde ce qui s’est passé comme un observateur, le plus neutre possible, et je vois ce qui s’est joué : interprétation, projection, attentes, désirs etc. je reste centré sur moi et pas sur les autres, ce sont mes réactions qui m’intéressent.
- Le deuxième niveau est le mental, c’est-à-dire ce qui se joue de façon inconsciente. Je peux observer certaines choses consciemment et voir mon mental qui n’est pas d’accord avec ce que je dis. Du genre (dialogue intérieur) "c’est vrai que je n’ai pas été franc dans cette situation", puis des pensées qui arrivent : "oui mais lui non plus, tu as vu ce qu’il a dit…". Il y a un conflit entre le raisonnable et celui qui veut avoir raison (le mental et l’ego).
- Le troisième niveau est l’émotionnel. je peux exprimer le fait que j’ai compris la situation du point de vue de l’analyse et la logique et constater tout un émotionnel qui n’est pas d’accord. Des tensions internes, peut-être même des douleurs où des nuits agitées. Bref, là aussi je constate une lutte interne. Chacun a ses points faibles et peut les connaitre avec un peu d’habitude. Moi c’est le ventre.
Souvent quand le mental n’est pas d’accord, l’émotionnel se manifeste aussi.
Les réactions du mental et les répercutions émotionnelles sont pour moi des indicateurs pour savoir si les choses sont intégrées réellement ou si je suis le jouet de mon inconscient.
 
Mon témoignage est en relation avec une expérience relationnelle que je faisais régulièrement et qui me faisait réagir à chaque fois. Tout ce que j’ai décris précédemment se produisait. Analyse, prise de conscience, réactions mentales et émotionnelles. Je connaissais le processus. A chaque fois que la situation se présentait, j’avais la sensation de repasser sur le même disque. Ce n’était pas le même sillon, les choses évoluaient mais doucement. Je ne cherchais pas à modifier les choses sachant que la meilleure attitude était de s’en remettre à la Shakti. J’étais un témoin avec plus ou moins de recul. Certaines fois le raisonnable comprenait la situation, d’autres fois, c’était la colère avec peu de recul. Quand l’émotionnel était là, inutile de vous dire que la méditation était agitée.
Un jour, la situation s’est reproduite. Je voyais les choses se mettre en place. Mon attitude interne était à mi-chemin entre le recul et la colère. Je suis allé méditer et là, aucune perturbation émotionnelle n’est venu parasiter ce moment, pas de mental obsessionnel, une méditation calme, paisible. En sortant de la méditation je m’attendais à ce qu’il y ait des pensées ou des émotions, mais non, comme si cela avait été effacé de moi. J’avais déjà vécu quelque chose de similaire, un an avant, où une situation bloquée s’était débloquée soudainement sans que j’y sois pour quelque chose. Toute la complexité de la situation s’était évanouie en un instant, toutes les conséquences sur mes pensées aussi, les réactions et les émotions avaient également été effacées. C’est curieux à dire mais toute racine avait été supprimée.
Depuis j’ai vécu à nouveau la même situation et j’ai pu observer que mon inconscient n’a pas pollué mes pensées ni mes émotions.
 
C’était la première fois que cette situation ne provoquait pas de réaction, ni au niveau du mental, ni au niveau des émotions. Je n’avais rien fait de spécial, simplement le travail de la Shakti avait fait son œuvre.
Le travail de la Shakti est facilité si on n’interfère pas, si on la laisse agir sans vouloir y mettre notre grain de sel.
Cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien à "faire". Rester connecter avec la pratique régulière de la méditation et la relation interne du coeur est notre part.
La voie de Shaktipat est une voie active qui transforme nos vies. Tous ceux qui s’y sont engagés peuvent témoigner de changements concrets. Ce n’est pas nous qui en sommes l’auteur, ce ne sont pas nos efforts qui ont fait bouger les choses.
La Shakti travaille comme elle veut et mon expérience ne veut pas dire que cela se reproduira ni chez moi ni chez d’autres. Le travail de nettoyage pour moi s’est fait de cette façon à ce moment-là.
Il faut du temps pour que ce travail de nettoyage se fasse. Cela peut prendre des mois voire des années pour des comportements fortement ancrés.
L’essentiel est de garder la constance, la foi en la Vie et surtout continuer la méditation régulièrement. C’est cela, et la relation avec le Maître qui peut nous permettre d’avancer.

Didier